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La RDC sort de la liste grise du GAFI après quatre ans de surveillance

Le Groupe d'action financière (GAFI) a retiré la République démocratique du Congo de sa « liste grise ». Le ministère des Finances et la Primature l'ont annoncé à Kinshasa, vendredi 30 octobre 2026.

Par gracendala2 · 31 octobre 2026
La RDC sort de la liste grise du GAFI après quatre ans de surveillance

Le GAFI, c'est quoi ?

Le GAFI est un organisme international qui surveille la lutte des pays contre l'argent sale. Il vérifie trois combats : le blanchiment d'argent, le financement du terrorisme et celui des armes de destruction massive.

On résume ces trois combats par le sigle LBC/FTP. Le blanchiment consiste à faire passer de l'argent obtenu illégalement pour de l'argent propre.

La liste grise, une sorte de carton jaune

Quand un pays a des faiblesses dans ce combat, le GAFI le place sous « surveillance renforcée ». C'est la liste grise. Ce n'est pas une sanction définitive.

Le pays reçoit un plan d'actions à réaliser dans un délai fixé. Au-dessus, il existe une « liste noire » pour les pays jugés à haut risque, comme l'Iran ou la Corée du Nord.

Tant qu'un pays est sur la liste grise, les banques étrangères traitent ses opérations avec plus de prudence. Cela peut ralentir les transferts et les rendre plus coûteux.

Quatre ans pour en sortir

La RDC figurait sur la liste grise depuis octobre 2022. Selon le ministère des Finances, elle a réalisé les vingt-trois (23) actions prévues dans le plan convenu avec le GAFI.

En juin 2026, le GAFI avait jugé ce plan presque achevé. Mais il exigeait d'abord une visite de ses experts sur place. Cette visite avait été retardée par l'épidémie d'Ebola dans l'est du pays, selon le site économique Sikafinance.

Selon la Primature, les réformes ont notamment conduit à un rapport national sur les risques de blanchiment. Elles ont aussi renforcé le contrôle des banques selon leurs risques, et la saisie des biens d'origine criminelle.

Les chiffres avancés par le gouvernement

Selon le communiqué, de 2022 à décembre 2025, les autorités ont mené environ 540 contrôles. Ils ont été faits notamment par la CENAREF (Cellule nationale des renseignements financiers), l'ARCA (régulateur des assurances) et la Banque centrale du Congo.

La justice a ouvert environ 100 poursuites sur 246 enquêtes. Le ministère parle de 31 saisies et 13 confiscations de biens d'origine criminelle. Leur valeur est estimée à environ 46,75 millions de dollars américains.

Le ministre des Finances, Doudou Roussel FWAMBA LIKUNDE LIBOTAYI, parle d'« une étape majeure pour l'intégrité du système financier ». Le communiqué attribue ce résultat à l'engagement du président Félix TSHISEKEDI et du gouvernement. Il est signé par Alain MALATA KAFUNDA, directeur de cabinet du ministre.

De son côté, la Première ministre Judith SUMINWA TULUKA a accueilli la décision avec satisfaction, selon la Primature. Elle salue la collaboration entre les ministères de la Justice et des Finances, ainsi que le travail de la CENAREF.

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Ce que cela peut changer

Selon le ministère, cette sortie devrait renforcer la confiance des investisseurs et des partenaires financiers. Elle devrait aussi faciliter les paiements avec l'étranger et le commerce international.

Le gouvernement espère attirer plus d'investissements dans les mines, l'énergie, l'industrie et les infrastructures. Ces effets sont annoncés, pas encore constatés.

L'autre regard

Le ministère lui-même prévient que ces gains ne sont pas automatiques. Ils dépendront de la poursuite des réformes et de l'amélioration du climat des affaires.

La Primature va dans le même sens. Selon elle, cette reconnaissance n'est pas un aboutissement mais une étape. Elle estime que la vigilance reste nécessaire pour éviter le retour des faiblesses relevées.

Une sortie de la liste grise n'est pas non plus définitive. L'Algérie en était sortie en 2016, avant d'y être réinscrite en octobre 2024, selon le site Capmad.

À l'heure où nous écrivons, cette annonce provient du gouvernement congolais. La publication officielle du GAFI permettra de la confirmer.

Et pour nous ?

Le Haut-Katanga vit en grande partie de l'exploitation minière. Or le ministère cite justement le secteur minier parmi ceux qui pourraient attirer plus d'investissements.

Pour les commerçants et les entreprises de Kambove qui envoient ou reçoivent de l'argent de l'étranger, des transferts plus simples sont annoncés. Le Journal Baraka ira vérifier sur le terrain dans un prochain reportage vidéo.

Ce qu'il faut suivre

  • La publication officielle du GAFI sur son site fatf-gafi.org.

  • Les délais et les frais des transferts internationaux dans les banques.

  • Les nouveaux investissements annoncés dans le secteur minier.

Sources

  • Communiqué officiel n°028/CAB/MIN/FINANCES/2026 du ministère des Finances, vendredi 30 octobre 2026.

  • Publication du ministère des Finances sur X (@financesrdc).

  • Sikafinance, 24 juin 2026 : le GAFI diffère la sortie de la RDC en raison d'Ebola.

  • Capmad, 21 juin 2026 : historique de l'Algérie sur la liste grise.

  • Communiqué de presse de la Primature, vendredi 30 octobre 2026.

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